page-devenir-membre-iufn-s

IIED voit l’avenir durable dans une approche intégrée des systèmes alimentaires

International Institute for Environment and Development (IIED) (Institut international pour l’environnement et le développement) incite les décideurs internationaux à envisager une approche intégrée pour la transformation de l’agriculture et celle des systèmes alimentaires. Dans une note stratégique de 2013 « Les systèmes agricoles et alimentaires pour un avenir durable : une approche intégrée » par Barbara Adolph et Maryanne Grieg-Gran, IIED livre des pistes d’action concrètes.

Les systèmes agricoles et alimentaires sont au centre des débats concernant les Objectifs de développement post-2015. La réduction de la faim et de l’insécurité alimentaire demeurent des priorités des stratégies de développement, aggravés par le changement climatique, par la volatilité des prix sur les marchés alimentaires mondialisés et par la surconsommation dans les pays riches. Les systèmes agricoles et alimentaires existants sont essentiels au maintien des moyens de subsistance des populations pauvres et sont techniquement capables de produire une nourriture suffisante pour tous, mais ils représentent un très fort impact sur l’environnement, y compris les sols, l’eau, les ressources marines ou la biodiversité. Les programmes post-2015 doivent s’orienter vers une transformation des systèmes alimentaires afin de les rendre plus productifs, plus respectueux de l’environnement et plus résilients, tout en préservant et en améliorant leur capacité à satisfaire le demande alimentaire. Les solutions techniques agro-écologiques et agro-industrielles à ce défi sont bien avancées. Toutefois, les obstacles systémiques qu’ils soient d’ordre politique, économique ou social sont considérables et sous-estimés, empêchant ainsi le changement de pratiques nécessaire.

Selon les auteurs de la note, une approche intégrée liant d’un côté la sécurité alimentaire et la nutrition avec de l’autre une productivité écosystémique et des moyens de subsistance durables, aurait pu être une approche des Objectifs de développement plus efficace sur le long terme. A condition de traiter à la fois les défis de l’économie politique de la production et de la consommation alimentaire.

 Dans son exposé, l’IIED souligne les points suivants concernant la sécurité alimentaire et des systèmes alimentaires durables :

  • Les stratégies visant à éliminer la faim et la sous-nutrition peuvent atteindre des avantages socio-économiques et environnementaux connexes importants, à condition d’intégrer les systèmes agricoles et alimentaires, comme un environnement spécifique et un moyen de subsistance.
  • Les décideurs politiques devraient accorder plus d’attention au rôle des petits producteurs agricoles dans la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire et élaborer des stratégies pour les soutenir.
  • La concurrence croissante des investisseurs étrangers pour l’acquisition des terres représente une menace potentielle pour la sécurité alimentaire des populations locales. Les transactions qui réallouent les terres utilisées par les populations locales pour la production alimentaire à d’autres fins, devraient faire l’objet d’un examen juridique approfondie et d’une analyse coût-bénéfice.
  • L’insécurité alimentaire dans les zones urbaines est n’est pas tant liée à la disponibilité de la nourriture qu’aux facteurs tels que le faible revenu qui en limite l’accès, et à tous ceux qui comme le manque de soins de santé et des services publics, l’aggravent.

La gouvernance des systèmes alimentaires est profondément antidémocratique, le plus souvent impliquant des décisions unilatérales prises par des grandes entreprises, et par les politiques des agences gouvernenmentales et internationales qui sont en grande partie façonnée par les intérêts et les priorités de ces puissants acteurs. Les systèmes alimentaires durables, équitables et justes exigent des formes plus participatives de la gouvernance. Des exemples de gouvernance participative du système alimentaire surgissent au niveau local dans le monde entier, conduits par des réseaux d’ associations d’agriculteurs, par les ONG et les collectivités locales. Le défi est le changement d’échelle de cette gouvernance participative afin qu’elle puisse représenter équitablement l’ensemble des parties prenantes, y compris celles qui ne sont pas directement engagées dans l’agriculture et la production alimentaire.

Téléchargez le Briefing IIED agriculture et les systèmes alimentaires pour un avenir durable.

International Institute for Environment and Development (IIED) Institut international pour l’environnement et le développement, est un institut de recherche indépendant sans but lucratif, oeuvrant dans le domaine du développement durable. IIED apporte son expertise dans la recherche et la traduction concrète du développement durable au niveau local, régional, national et mondial. Pour plus d’information, visitez le site web de l’IIED.