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Tokyo, Canberra, Copenhague – quel système alimentaire ?

Les riches capitales varient grandement dans leur dépendance envers le marché alimentaire mondial. La capitale australienne Canberra produit la majorité de son alimentation principale dans les régions qui l’entourent, alors que Tokyo assure principalement sa sécurité alimentaire grâce aux importations. La région autour de Copenhague produit moins de la moitié de la consommation de son alimentation principale. Pour la première fois, des chercheurs ont représenté les systèmes alimentaires de ces trois capitales, un travail essentiel pour préserver la sécurité alimentaire, particulièrement si la croissance démographique, le changement climatique et l’instabilité doivent affecter le marché mondial. L’étude a été réalisée par plusieurs partenaires de l’Alliance Internationale des Universités de Recherche (IARU), une alliance dédiée à la recherche sur les grands défis de l’humanité, en particulier le changement climatique et le développement durable.

« Les trois capitales de notre étude parviennent à la sécurité alimentaire par des degrés différents d’approvisionnement local, national et mondial. Il est important de comprendre ces échanges alimentaires afin de les relier aux défis énergétiques et au risque d’agitation politique nationale causée par des pénuries alimentaires et leurs effets sur le commerce mondial, » explique le Dr. John R. Porter, professeur en Sciences de l’Environnement à l’université de Copenhague et auteur principal de cette étude récemment publiée en ligne dans le journal Global Food Security.

Les trois capitales et leurs régions ou territoires avoisinants ont des populations allant d’un demi million à plusieurs dizaines de million, situées des contextes mondiaux, climatiques, géographiques et socio-économiques différents. Bien que l’analyse ne soit ni prédictive ni prescriptive, elle cherche à donner une meilleure compréhension des effets d’un système alimentaire mondial.

La recherche démontre qu’un rendement des terres agricoles plus important avait eu une influence sur l’approvisionnement local des villes dans les 40 dernières années, mais que, dans l’ensemble, la capacité des villes à se nourrir elles-mêmes pourrait difficilement soutenir  le rythme de la croissance démographique. L’étude de concentre de manière exhaustive sur la production actuelle et passée et ne considère pas les effets possibles d’un changement des pratiques de gestions des terres sur la productivité ou encore d’une limitation de la consommation à des produits de saisons. Elle n’inclut pas non plus la production des jardins partagés ou l’agriculture urbaine.

Les auteurs attirent l’attention sur « le besoin de déterminer la sécurité alimentaire et l’autosuffisance d’un large éventail de villes riches et pauvres, en prenant en compte la situation géographique des écosystèmes qui les approvisionnent. » Ils concluent leur étude en soulevant la question urgente du degré auquel les gouvernements sont près à soutenir les politiques de libre-échange du marché alimentaire face à l’agitation politique causée par des pénuries alimentaires.

L’étude complète est disponible en anglais ici.